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Témoignage : j'ai vécu la phobie scolaire à 15 ans

11 oct.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 oct.

Je m'appelle Lucas, j'ai 20 ans, et j'ai créé Evolu+. Avant d'accompagner des jeunes qui n'arrivent plus à aller en cours, j'ai été l'un d'eux. Voici ce que j'ai vécu, sans enjoliver.

Comment ça a commencé

On me pose souvent la question. Ça s'est installé petit à petit, et pendant longtemps je n'aurais pas su l'expliquer. Ce que je peux dire, c'est que j'ai subi du harcèlement de la part de certains de mes professeurs. Quand les adultes censés t'accompagner te rabaissent, l'école devient vite un endroit où tu n'arrives plus à aller.

Au début, c'était une boule au ventre. Pas de temps en temps : en continu. Le dimanche soir, je la sentais déjà arriver. Dans les transports, elle grossissait. Et plus je m'approchais du lycée, plus je me sentais mal. Les nausées, l'angoisse, le stress qui monte. À la fin, rien que de penser au trajet suffisait.

Le sentiment d'être en décalage

Le plus dur, ce n'était pas seulement la peur. C'était l'impression d'être différent. Je me sentais en décalage avec les autres, comme si tout le monde avait compris une règle que moi je n'arrivais pas à suivre. Tout devenait synonyme de pression : les cours, les regards, les questions.

J'avais souvent envie de pleurer, parfois sans raison. Et je culpabilisais énormément. Aller à l'école, c'est censé être normal, tout le monde le fait. Moi je n'y arrivais pas, et je ne savais même pas expliquer pourquoi.

« Feignant »

Autour de moi, beaucoup de gens ne comprenaient pas. Dans la famille, chez les amis, j'entendais que j'étais feignant, puisque je ne venais jamais en cours. Je me sentais jugé et incompris.

Parce que ce n'était pas une question d'envie. Je ne restais pas chez moi parce que c'était plus confortable. Je restais chez moi parce que l'idée même d'y aller me rendait malade. Quand on te colle l'étiquette de paresseux alors que tu te bats chaque matin contre ton propre corps, tu finis par t'isoler encore plus.

C'est comme ça que la phobie scolaire s'est transformée en phobie sociale. Moins je sortais, plus sortir devenait difficile.

Le moment où j'ai perdu espoir

Je ne vais pas faire comme si tout ça avait été léger. À un moment, j'ai eu des idées noires. Je ne voyais pas comment m'en sortir, et j'avais complètement perdu espoir.

Si je l'écris ici, c'est parce que je sais que certains jeunes qui lisent ces lignes en sont là aujourd'hui, et que certains parents se demandent ce qui se passe dans la tête de leur enfant enfermé dans sa chambre. Ces pensées-là, il faut en parler. Si c'est ton cas, ou celui de ton enfant, appelle le 3114 : c'est gratuit, confidentiel et disponible jour et nuit.

Ce qui m'a aidé : mes parents

Mes parents ne savaient pas plus que moi ce qu'était la phobie scolaire. Ils n'avaient pas de mode d'emploi. Ils ont fait comme ils ont pu.

Mais ils ont fait l'essentiel : ils m'ont écouté. Ils ne m'ont pas jugé. Ils m'ont fait confiance, même quand, vu de l'extérieur, la situation ne donnait pas vraiment envie de faire confiance.

Avec le recul, c'est ça qui a tout changé. Me sentir compris, au moins par eux, m'a permis de reprendre espoir petit à petit. Et une fois que l'espoir revient, on recommence à se battre.

Comment j'ai repris confiance

Il n'y a pas eu de déclic magique. Ça s'est reconstruit doucement, comme ça s'était effondré. J'ai appris à comprendre mon anxiété au lieu de seulement la subir. Puis je me suis intéressé au développement personnel, à la confiance en soi, à la motivation, à tout ce qui aide à passer à l'action par petites étapes. Je me suis formé seul, avec des conférences, des lectures et beaucoup de recherches.

Aujourd'hui, j'ai créé mon entreprise et j'anime des ateliers devant des groupes de jeunes. Le Lucas de 15 ans n'y aurait jamais cru.

Ce que j'aurais aimé entendre à 15 ans

  • Tu n'es pas feignant. Ce que tu ressens est réel, même si tu n'arrives pas à l'expliquer.

  • Tu n'es pas le seul. D'autres vivent exactement la même chose, en silence.

  • Ce n'est pas ta faute.

  • Tu n'as pas besoin de tout régler d'un coup. Un petit pas suffit pour commencer.

  • Ton passé ne décide pas de ton avenir.

Pourquoi j'ai créé Evolu+

Quand j'allais mal, il me manquait quelqu'un qui comprenne de l'intérieur. Quelqu'un qui ne me dise pas que c'était dans ma tête, ou que je n'avais qu'à faire un effort. C'est cette personne-là que j'essaie d'être aujourd'hui pour les jeunes que j'accompagne. On appelle ça la pair-aidance : être aidé par quelqu'un qui est passé par là.

Je ne suis pas psychologue, et je ne prétends pas l'être. Mon accompagnement ne remplace pas un suivi médical ou psychologique, il vient en complément.

Un message pour toi, si tu vis ça aujourd'hui

Ce que tu ressens n'est pas un caprice. Tu as le droit d'aller mal, et tu as le droit de demander de l'aide. Tu n'as pas à trouver la solution tout seul ce soir.

Et pour vous, parents

Faites confiance à votre enfant. Ne le jugez pas, même quand vous ne comprenez pas. Je sais que c'est difficile quand on est soi-même inquiet, épuisé, parfois en colère. Mais c'est ce qui m'a permis de m'en sortir.

Si vous voulez en parler, je propose un premier échange gratuit et sans engagement. On fait le point ensemble sur la situation de votre enfant, et vous verrez si ma façon d'accompagner peut vous aider. Pour des repères concrets, vous pouvez aussi lire mon guide complet pour les parents, ou Faut-il forcer son enfant à aller à l'école ?.

Être accompagné par quelqu'un qui est passé par là


Je m'appelle Lucas. À 15 ans, j'ai vécu une phobie scolaire. Aujourd'hui, avec Evolu+, j'accompagne les jeunes et leurs parents en visio, partout en France, pour reprendre confiance pas à pas. Je ne suis pas psychologue : mon accompagnement est complémentaire d'un suivi médical ou psychologique, jamais un remplacement.


Le premier échange est gratuit et sans engagement.



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